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La quête infatigable du paradis.

 

Yves Leresche s’intéresse aux groupes traditionnels roms depuis les années 90. En 2008, à l’apparition de groupes venant de Roumanie sur les trottoirs de sa ville natale de Lausanne, sa curiosité est éveillée par cette population qu’il ne connait que chez elle et qui, maintenant, migre régulièrement vers les grandes villes européennes et suscite méfiance et jugement.

Ces réactions incitent Yves Leresche à documenter cette migration et il commence sa quête en suivant des Roms à Lausanne puis jusque dans leurs villages du centre de la Roumanie ou parfois en France et en Suède.

Le photographe lausannois réalise ainsi un travail en immersion avec la volonté d’accompagner les mêmes personnes dans leur vie quotidienne au pays et au fil de leurs migrations. Il se donne pour objectif de faire découvrir leur mode de subsistance aux habitants des villes occidentales qui, bon gré mal gré, les accueillent dans leurs rues.

Ce sont ainsi plusieurs de ces familles roms qu’Yves Leresche a suivies à Lausanne et dans leur pays d’origine, afin de déconstruire les stéréotypes tenaces à leur sujet. Il a décortiqué leur manière de survivre, compris leurs fonctionnements, leurs besoins et leurs espoirs ; il nous donne ici à voir des images pour nous permettre de mieux les connaître.

 

En effet, ces Roms à l’origine sédentaires, la plupart sans travail dans leur pays, migrent périodiquement pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille élargie en Roumanie, où demeurent principalement les enfants et les grands-parents. La plupart du temps, ils pratiquent la mendicité. Ces Roms font donc partie, mais ne sont pas représentatifs de la plus grande minorité européenne :

« les Roms », qui compte environ 10 millions de personnes établies sur tout le continent. Cette minorité, anciennement appelée « les Tsiganes » et portant aujourd’hui l’appellation politique : « Roms » est composée en grande partie de personnes qui ont été assimilées dans leurs pays d’origine de l’est comme d’adoption à l’ouest auxquels s’ajoutent plusieurs groupes et sous-groupes, qui perpétuent le nomadisme, comme les Manouches, les Gitans, les Sintis, et les Calés. Tous « ces Roms » peuvent vivre dans les mêmes zones géographiques sans se mélanger.

Le terme de « Rom » ou « Rrom » désigne « l’homme marié » en langue Rromani. C’est le nom qu’ils se sont donnés depuis les années nonante pour remplacer le mot « Tsiganes » qui était devenu péjoratif après la chute du communisme dans les pays du sud-est européen. Les familles roms dont le photographe nous montre la vie quotidienne, proviennent du centre de la Roumanie.

Ils sont issus de plusieurs groupes locaux historiques comme les Calderari (Kalderash, fabricants et ex-fabricants de chaudrons et autres ustensiles métalliques), les Ursari (ex-montreurs d’Ours), les Caramidari ex-fabricants de briques), les Spoïtori (exétameurs de chaudrons), les Lingurari (fabricants et ex-fabricants d’ustensiles en bois) et les Gabori (minorité Rom hongroise (Kalderash) vivant en Transylvanie roumaine).

Tous ces groupes parlent le « Rromani» (ou le « Rromanes ») avec des spécificités propres, notamment des traditions liées au mariage, clé de voûte d’alliance entre familles de chaque communauté. Un autre trait culturel marquant est la forte distinction qu’ils font entre leur société rom communautaire (minoritaire) et celle des non-Roms (majoritaire), les « Gadjé ». Cette frontière invisible pour tout un chacun conditionne leurs relations avec les personnes « gadje » qu’ils sont amenées à fréquenter. C’est entre autres pour cette raison que tous les groupes roms sont endogames et qu’ils ne se marient qu’entres eux ; c’est leur façon de se protéger et de préserver leur communauté et leurs traditions.

 

Les groupes venant de l’est-européen ont un autre point commun, à savoir leur histoire durant la période communiste qu’ils ont subie pendant une quarantaine d’années. En effet, ils ont été forcés de quitter leurs métiers traditionnels pour être assimilés à la population non-rom en travaillant comme ouvriers non-qualifiés dans les usines ou les fermes collectives d’État (entre environ 1950 et 1989, en Roumanie). Les migrations roms ont débuté dans les années nonante ; elles sont directement liées à l’effondrement du système communiste dès 1990. Cette chute du communisme a laissé 90% des Roms sans travail à la fermeture des usines et des fermes collectives. Sans soutien social de l’État roumain - l’assurance chômage n’existait pas - et sans qualifications professionnelles, la plupart des minorités roms ont commencé à migrer pour survivre, comme d’ailleurs au moins 30% de la population roumaine non-rom.

 

Ces migrations sont économiques et n’ont rien à voir avec leur ancienne tradition de nomadisme, liée à leurs travaux ancestraux d’artisans - vendeurs, qui les obligeaient à se déplacer pour vendre leur production.

Ne bénéficiant pas d’un niveau de formation suffisant et sans connaissance des langues étrangères, la plupart des Roms n’arrivent pas à trouver du travail lors de leur migration économique en Europe occidentale. Dans l’urgence, pressés par leurs familles restées au pays, ils commencent donc à subsister grâce à de petits travaux illégaux mal payés, d’aides humanitaires, et finalement s’adonnent à la mendicité pour s’en sortir.

Cette manière de survivre comporte l’avantage d’amener des rendements immédiats, permettant de parer aux urgences familiales de jour en jour.